La plage croule sous les déchets


Le manque de civisme et la faible implication des élus locaux en sont la cause
 Publié le : 20.08.2009 | 18h36

 

Ceux qui ont choisi la plage d’El Jadida comme lieu de divertissement ne décolèrent pas… car ils n’ont pas choisi la bonne destination.

 

D’ailleurs, c’est ce qu’un nombre considérable d’entre eux nous a confirmé. « J’ai remarqué que depuis trois ans, l’état de cette plage ne cesse de se détériorer », témoigne Hanane, une Marocaine établie à Milan en Italie. Et de déplorer d’avantage : « Cela me fait de la peine de voir lors de chaque visite annuelle que la plage devient de plus en plus sale ». Pour la petite histoire, il y a trois ans en 2005, la capitale des Doukkala battait fièrement son pavillon bleu pour la propreté des eaux de sa plage. Hanane n’est plus la seule à regretter l’état insalubre de cette plage. Pour sa part, Karim et sa petite famille confirment qu’ils ont fait le déplacement de la capitale économique pour passer quelques jours à Mazagan. Stupéfié et embarrassé à cause de cette situation, Karim affirme que les choses ont beaucoup changé. « J’étais ici il y a quelques années. La plage n’était pas aussi sale que maintenant. Je croyais faire le bon choix pour mes vacances avec ma femme et notre petite fille », regrette-t-il.

 

Même ton et même son de cloche chez Mehdi accompagné de sa fiancée. Ce dernier ne mâche point ses mots : « Je me demande pourquoi j’ai choisi la ville d’El Jadida. Il y a certes de très larges côtes par-ici, mais nous voyons clairement que l’eau est impure et le sable est très sale ». Et de poursuivre:  »Il faut aller à la plage ‘Haouzia’ pour trouver des endroits propres ». Des papiers gras, des restes de repas, des sacs en plastique, des bris de verre et autres déchets de toute nature jonchent les lieux. « Afin d’atteindre l’eau, il faut mettre des sandales pour traverser la plage. Avant d’étendre son drap de bain, il faut bien chercher pour trouver un bon emplacement, non pas parce que la plage est pleine, mais des détritus divers sont partout », assure-t-il. La concentration relative des baigneurs de ce pic de la saison n’explique pas tout. L’absence d’un réel plan pour la collecte des ordures est à l’origine de cette situation.

 

Certes, les usagers participent «volontairement» à polluer la plage mais les services d’hygiène et de la propreté des plages de la ville ne déploient pas les moyens nécessaires pour la collecte des déchets. Afin de trouver des réponses plausibles, nous avons posé cette question à des personnes qui fréquentent régulièrement cette plage: qui est le responsable de cet état doublement préjudiciable à la santé des baigneurs et à l’image de la ville ?
Fatima Zahra assure qu’elle peine souvent à trouver une place propre… «Je suis obligée de contrôler et de nettoyer l’endroit choisi avant de laisser mes enfants jouer. Ceux qui laissent ces détritus n’ont-ils donc pas d’enfants?», s’interroge-t-elle. Et de poursuivre avec le même ton :  » Je ne comprends pas pourquoi les gens se permettent de tels comportements et tels incivilités. Et surtout jusqu’à quand les responsables vont s’inscrire parmi les abonnés absents pour remédier à cet état alarmant de notre plage, qui reste le seul lieu de divertissement pour de nombreuses personnes ? ».

 

Les élus locaux doivent donc consentir plus d’efforts dans ce cadre. Il est nécessaire de recruter des employés municipaux pour nettoyer la plage à longueur de journées pendant l’été. La propreté engendre le bon comportement, tout comme la saleté encourage le laisser-aller. Il faut penser à l’impression de à nos MRE ainsi que les touristes qui viennent pour profiter du soleil sur nos plages.
Des mesures doivent être prises le plus rapidement possible, sachant que la ville s’apprête à accueillir son festival. En effet, les habitants de cette cité et ses visiteurs auront l’opportunité d’écouter une bonne musique spirituelle grâce au Festival des nuits du Ramadan organisé par l’Alliance franco-marocaine, la Direction régionale de la culture des Doukkala-Abda et avec le soutien de cette province.
———————————————————–

Redorer le blason
Nombreux sont les stations balnéaires qui ne répondent pas aux normes de la qualité microbiologique au Maroc. Le rapport national 2008-2009 sur la surveillance de la qualité des eaux, présenté au mois de juin, a déclaré 283 stations conformes aux normes. La plage d’El Jadida, qui en fait partie, traduit un laisser-aller de part et d’autre… Pourtant, la ville attire de nombreux touristes, tant étrangers que marocains, subjugués par ses monuments historiques qui méritent plus d’attention. La cité fut proclamée le 30 juin 2004, lors de la 28e session du Comité du patrimoine mondial, patrimoine mondial de l’Unesco. Aujourd’hui, El Jadida attire les amateurs d’histoire curieux de découvrir la cité fortifiée par les Portugais. Sa majestueuse citerne portugaise a acquis une renommée mondiale. En effet, elle avait servi de décor à de nombreux films dont le célèbre  »Othello » d’Orson Welles. C’est une ville presque idyllique si ce n’était l’état lamentable de sa plage à proximité du centre-ville. Les habitants ainsi que les estivants aimeraient bien profiter, avec leurs familles, de la beauté de cette ville et de sa plage. Mazagan mérite donc que son blason soit redoré!�
   �
Par Abderrahim Bourkia | LE MATIN

 

 

 

Association Nouvel Air - ANA Maroc - 35 avenue Mohamed V, 24000 El Jadida

Tél. : 05.23.35.19.96 - Port. : 06.65.49.92.05 - Fax : 05.23.37.25.25 - Email : ana-maroc@menara.ma - Site Internet : www.ana-maroc.com

 

Conception web par ADK MEDIA