El Jadida coté pile… et coté face

Mon premier jour au maroc

Il y a deux ans, je n’avais jamais mis les pieds au Maroc. Pour moi, le Maroc c’était surtout le soleil, le sable, l’expédition dans le désert ou l’expédition au fond de soi. Le Maroc, c’était une terre spirituelle.
Premier jour, premier contact. Et premier étonnement de voir que l’on est reçu les bras grands ouverts. Premières heures et l’on se sent déjà à l’aise, presque chez soi.
Mes voyages aux Maroc ont toujours eu lieu dans le cadre de mon travail. J’avais un endroit ou loger, un endroit ou manger, des gens pour m’accompagner partout ou j’allais.
Je ne sais pas si c’est une chance, mais mon premier voyage au Maroc s’est déroulé pendant l’Aïd El Kibir. Belle surprise de voir que personne ne vous ferme la porte au nez, mais bien au contraire : vous invite à déguster mets traditionnels et à prendre part à la fête.
J’ai ainsi découvert la langue de mouton et découvert aussi le mouton entier trônant au milieu du salon ! J’ai découvert la Harira et tellement de plats sublimes que j’en ai oublié le nom mais pas la saveur. Ça ne s’oublie pas.


Ma première émotion au Maroc
Pour les catholiques, prier est quelque chose de très solennel, personnel et grave. Qu’elle n’a pas été ma surprise d’être invitée en plein repas d’une famille marocaine à participer à une prière commune. Bien que la prière fût énoncée entièrement en arabe, que je ne parle pas, je peux dire que j’ai compris l’essence même de cette oraison. J’ai compris que ce patriarche priait, avec toute la fougue que peut encore avoir un vieux monsieur, pour chacun des membres de sa famille (pourtant nombreuse, mais sans en omettre un seul) et même pour moi… intruse dans ce rassemblement familial, intruse à cette religion qui n’était pas la mienne et même à cette langue.
C’est ça le Maroc. Etre étranger et pourtant être accueilli comme si l’on était un membre à part entière de la famille.

 

Ma première déception au Maroc
Malheureusement, ma première déception est arrivée bien vite. L’émerveillement des premières minutes a laissé place à l’incompréhension. Pourquoi tant de saletés ? Pourquoi tant de laisser aller ? Pourquoi tant de détériorations ? Les trottoirs, les bâtisses, les plages, les commerces… Quel gâchis de voir qu’une ville qui pourrait être un vrai bijou, inspire plus de dégoût que d’admiration.
Envie de se baigner ? Trop peur d’essayer et de se retrouver les deux pieds dans les déchets.
Envie d’aller faire le marché ? Mais sans trop regarder la propreté des étals pour ne pas perdre l’appétit.
Envie de se promener ? Sur des trottoirs défoncés, où l’on cherche des débris de grenades tellement l’on a l’impression que la ville a été bombardée. Après l’étonnement de voir toute la ville dans un état de délabrement plutôt avancé est venue un autre sentiment.

 

Ma première colère au Maroc
Quand l’on parle de l’accueil des marocain, il faut bien dire qu’il est particulier. Malheureusement, l’accueil ne signifie pas la même chose pour tous les marocains… je devrais plutôt préciser : pour les hommes.
Le Maroc est le premier endroit que j’ai visité dans ma vie ou j’ai eu l’impression d’être un bout de viande. On regrette vite l’anonymat des villes comme Paris, Londres ou encore Berlin, car dés que l’on fait un pas dans la rue, sans être accompagnée, pas un seul homme ne peut s’empêcher de vous accoster.
A ceux qui diront qu’il faut en être flattée, je répondrais que d’être dévisagée de la tête aux pieds, parfois suivie et souvent accostée, n’a rien de flatteur. Il m’est arrivée de sortir accompagnée pour aller boire un verre sur la plage, ou pour aller au marché. Dans ces cas la, personne ne vous remarque. A la seconde où vous êtes seule, vous ne pouvez pas faire deux mètres sans vous sentir harcelée.

  

Je vais vous raconter une anecdote. Accompagnée d’une autre française, nous sommes allées sur la plage d’El Jadida. Nous n’avons pu rester plus de 5 minutes, car un homme ayant bu commençait à être insultant.
Nous avons donc décidé de traverser la plage pour s’en éloigner. Des jeunes hommes jouant au football nous ont alors invectivé. Dépitées, nous avons décidé de rentrer nous enfermer dans notre logement, un jeune homme (plus civilisé que les autres) nous proposant de nous raccompagner pour nous éviter d’être ennuyées. Finalement, ce jeune homme s’est avéré de plus en plus entreprenant en nous demandant de l’inviter chez nous…
C’est à se demander s’il est de coutume au Maroc que les hommes accostent toutes les femmes et soient plus qu’envahissants !

 

Au Maroc, l’égalité des sexes n’est pas de mise. Et le respect de la femme encore moins.
C’est déplorable de voir que de telles mentalités subsistent dans un pays qui pourtant prône le changement. Si je n’avais pas connu de bonnes expériences, je pense que je serais écoeurée du Maroc cause de ce comportement macho, bestial, dégradant…je ne trouve même pas de qualificatif suffisamment évocateur pour exprimer le sentiment que doivent ressentir toutes les femmes qui subissent le comportement de ces hommes.

En tant qu’européenne, qu’être humain et que femme, j’ai un conseil à donner : si vous voulez être respectés, il faut d’abord respecter les autres. Sans ça, la réputation des marocains n’en sera que plus entachée.
M.W.

 

 

 

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