Le patrimoine est un atout et non pas une charge

El Jadida a été stigmatisée depuis plus de trois décennies, depuis le lancement du Port de Jorf Lasfer en 1975, les autorités et les collectivités locales n’ont pas anticipé la sauvegarde des richesses patrimoniales de la ville.
La gestion anarchique de l’urbanisation, l’absence d’un plan d’aménagement visionnaire et adapté, une politique de la ville désastreuse et l’abandon d’actions d’intérêt général au profit d’intérêts particuliers ont installé El Jadida dans un paradoxe de développement anarchique et de régression civilisationnelle et culturelle.

Il convient de rappeler que cette situation est également le résultat de l’absence de responsabilités civiles et collectives, car la société civile n’a pas joué son rôle dans la protection et le développement de sa ville El Jadida, pire elle a contribuée à sa dégradation et s’est murée dans un découragement désespérant et fortement présent encore aujourd’hui.

Il convient que cette société civile s’éveille et profite du développement démocratique du pays pour s’exprimer en toute liberté et défendre la place de sa ville dans le développement culturel, économique et d’infrastructures de notre pays le Maroc.

Dans ce contexte, il est indispensable que la société ait une réelle prise de conscience collective sur le rôle du patrimoine en tant que levier de création de nouveaux biens et de nouveaux services.  Ces derniers pourront être transformés en biens de consommation autant que d’investissement, patrimoine bâti autant à travers le développement d’un tourisme culturel que du design. Le patrimoine peut être à la source d’une création positive de valeur ajoutée comme d’emploi.

Sans doute la restauration du patrimoine d’El Jadida ne garantit pas à elle seule la transformation de ces richesses en valeurs. Il est nécessaire d’associer à des opérations de restauration  des projets de mise en valeur des capacités d’entreprises, des innovations en gestion.

La mise en valeur des ressources patrimoniales permet d’améliorer le cadre de vie, de satisfaire de nombreux besoins collectifs ou individuels tels que l’amélioration du cadre de vie, le développement du tourisme, la production de connaissances et de valeurs cognitives, la reconstitution d’identités individuelles et sociales, etc.

La restauration du patrimoine constitue une condition nécessaire et doit respecter une qualité incontestable pour assurer des retours sur investissements élevés. Enfin, il convient de relever que l’entretien est donc de nature à renforcer le contenu en emploi de l’économie d’El Jadida.

Ainsi le patrimoine ne sera plus considéré comme une charge, mais comme un actif.

La transformation de la ville dans le sens d’un meilleur cadre bâti et d’une meilleure attractivité, la création d’emplois et d’activités locales, et le développement des compétences correspondantes, pour répondre aux besoins du tourisme culturel. Et la mise en place d’une société plus humaine à travers une meilleure intégration sociale des personnes liée à la reconnaissance de leur patrimoine respectif ou à celle de références communes.

L’emploi lié au secteur des monuments est en premier lieu celui des personnes qui travaillent régulièrement dans ces monuments pour les entretenir, les ouvrir, les faire visiter ou rendre les services qui peuvent en être attendus à cette occasion. Les commerçants, les particuliers et les entreprises vivant directement ou indirectement grâce à ces monuments doivent se mobiliser pour protéger, valoriser et promouvoir ce patrimoine.

Les associations patrimoniales doivent s’impliquer, s’accorder et s’aider en prévoyant les différentes étapes de surveillance et de réparation. Or ces associations patrimoniales ne sont pas toujours bien équipées pour jouer ce rôle. Ces associations doivent témoigner d’une attitude conforme à ce qui peut être espéré et une préférence pour des opérations de restauration plus intéressantes du point de vue financier, du prestige, de la performance technique, etc. Elles peuvent exercer aussi un rôle de conseil et de surveillance lorsque des projets de restauration sont en cours. Leur rôle est également de sensibiliser la société à la richesse de son patrimoine et la faire adhérer à sa protection et sa valorisation.

Il y a, certes, un déficit de compétences mais cela n’empêche pas de diffuser une logique de mise en projet des monuments et d’un système de protection du patrimoine, particulièrement colonial, pour permettre aux milieux et acteurs locaux de mieux s’approprier leur patrimoine et mobiliser plus de ressources locales. Admettre et organiser une fonction de veille de la collectivité locale.

 

 

 

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