Les enfants des rues El Jadida
Un soir sur le boulevard Mohamed V près du siège de l’ANA-Maroc, des enfants des rues d’El Jadida faisant du trottoir leur lit et du ciel leur couverture, interpelant les membres de l’ANA-Maroc pour solliciter un peu de pain, un geste de survie, qui nous indigne.
Voir ces enfants dans cette situation dans un Maroc en pleine évolution…
Qui s’occupe des enfants des rues d’El Jadida ?
Malgré notre indignation nous avons tenu à leur apporter à manger et avons entamé un dialogue sur leur situation et l’état déplorable dans lequel ils se trouvaient. Le constat est que leur situation n’est pas différente de la situation des enfants des rues de tout le pays.
Ces enfants avaient plusieurs bouteilles pleines d’alcool qu’ils ingurgitaient. Notre intervention les a poussé à entamer une attitude avec un langage formaté pour se protéger et cacher les bouteilles d’alcool. Nous insistons sur les effets de cette substance sur leur santé physique et psychique, leur réaction a été une surexcitation et des comportements violents, mais inconscients, qui nous prouvaient la dépendance des enfants de cette substance. Ils sont allés jusqu’à vider les bouteilles d’alcool sur un tas de sable du chantier voisin, une sorte d’automutilation et dans le regret deux d’entre eux vont jusqu’à aller snifer cet alcool dans le sable et finissent par y mettre le feu que nous avons évidement éteint de suite.
Le paradoxe c’est que ces enfants avaient ces comportements déroutants mais avaient également peur. Nous comprenons par la suite des événements qu’ils se faisaient toujours tabasser par les gens qui les rejetaient. « Avec dix dirhams j’achète une autre » lance un des enfants.
A notre intervention auprès des personnes présentes nous constatons bien l’attitude d’une société qui les rejette et dans l’incapacité de comprendre la situation de ces enfants, elle a plutôt un mépris et une attitude de répression à leur égard au lieu d’avoir pour eux de l’affection et leur apporter l’aide et la protection dont ils ont besoin. « C’est des Chemkara, ouled lahram, ils sont dangereux » rétorque l’un d’entre eux. « Ils sont plusieurs dans la ville, ils volent c’est grave » ajoute un autre.�
Ces enfants sont âgés de 12 à 17 ans, chacun d’eux raconte son histoire, un venant du Sahara, un de Marrakech et deux d’Al Aounates.
Qui s’occupe des enfants des rues d’El Jadida ?
L’ANA-Maroc se penche sur la question pour la ville d’El Jadida. Etant choqués de découvrir une absence totale d’action sociale ou associative pour répondre à cette situation, nous sommes indignés des attitudes de la société et l’absence de geste de solidarité digne d’un pays qui ce veut « un Maroc digne de ses enfants »


















